29 November 2004

Dr Jean Dominique Penel Introduction in French

Below is an introduction made by Dr Penel on the occasion of the launching of the first ever exhibition on Gambian literature. It is in french and no translation is provided.


Chers amis écrivains,
Mesdames, Messieurs,

C’est pour moi une grande joie et un honneur de vous présenter, ce soir, cette exposition sur la littérature gambienne et je vous remercie d’avoir répondu à mon invitation.
Il y a peut-être quelque chose d’étonnant à voir une exposition sur la littérature gambienne organisée par un Français, mais ce n’est pas si étonnant que cela si l’on pense qu’un des objectifs de la coopération française en Gambie est de promouvoir la culture gambienne. J’ai tenu à inaugurer cette exposition à l’Alliance Franco-Gambienne parce que c’est l’endroit où l’on s’efforce effectivement de promouvoir la peinture, la sculpture, le tissage, la musique, le théâtre des artistes et créateurs nationaux. La littérature gambienne n’avait pas encore fait l’objet d’une manifestation culturelle et il était temps de combler cette lacune.
Nous entendons ici par « littérature gambienne » les poèmes, nouvelles, romans, pièces de théâtre écrits en anglais. Cette définition exclut d’une part la littérature orale, produite dans toutes les langues de la Gambie depuis que des hommes y habitent – alors que la littérature écrite en anglais est la conséquence de l’occupation coloniale britannique au courant du XIXème siècle. Cette définition exclut d’autre part les livres écrits en anglais par des Gambiens sur l’histoire, la politique, le droit, la sociologie, la religion, etc. La littérature est un mode d’expression fondamental : c’est par elle que des individus traduisent leurs sentiments, leurs imaginations, leurs idéaux et les membres de la société peuvent y voir le reflet d’eux-mêmes. Quand on dit Shakespeare, Dante, Cervantès, Victor Hugo, Goethe ou Soljénitsine, Wole Soyinka, c’est à travers un grand écrivain la Grande Bretagne, l’Italie, l’Espagne, la France, l’Allemagne, la Russie, le Nigeria qui se reconnaissent et s’identifient.
Présenter une exposition synthétique sur la littérature gambienne n’est pas un travail simple parce qu’il faut d’abord la connaître. En réalité, ce travail a débuté voici trois ans lorsque le PADEF a monté en accord avec l’Université française de Limoges et le Ministère gambien de l’Education un programme de Maîtrise, de DEA et maintenant de Doctorat pour des étudiants gambiens titulaires d’un Bachelor of Arts (avec major ou minor en français) ou d’une licence francophone. Dès le début il m’est apparu indispensable d’orienter les travaux de recherches sur la littérature gambienne, parce que peu ou pas de travaux lui était consacré. C’est ainsi que progressivement, avec les étudiants j’ai pu me familiariser avec les écrivains gambiens et leurs ouvrages – certains livres et textes sont d’ailleurs bien difficiles à trouver, quelques uns même sont absents de cette exposition. Quand les choses se sont peu à peu éclaircies, l’idée de présenter synthétiquement l’ensemble de cette littérature s’est imposée rapidement car on se rend compte qu’en Gambie le sort réservé aux écrivains du pays est peu enviable. Les jeunes Gambiens ne connaissent pas leurs écrivains et ne leur accordent pas l’estime auxquels ils ont droit. Souvent à l’étranger, on citera le nom de quelques écrivains gambiens que les Gambiens ignorent totalement ou dont ils connaissent seulement le nom, mais pas les livres. Pourtant, ce sont les écrivains qui font le renom de leur pays à l’extérieur. Il faut donc réparer cette injustice et cette méconnaissance. C’est pourquoi, cette exposition sera présentée à l’Université de Gambie, à Gambia College, dans toutes les Senior Secondary Schools de la Gambie et dans les lieux où elle pourra atteindre le plus large public possible. Il va de soi que si les étudiants commencent à prendre conscience de leur littérature, il deviendra indispensable qu’elle soit étudiée en classe à côté des œuvres littéraires en anglais, qu’elle soit de Grande Bretagne, d’Afrique ou de pays anglophones.
D’une certaine manière, cette exposition est aussi destinée aux écrivains et à tous les Gambiens qui écrivent et qui n’ont pu être encore publiés. Il serait bon qu’ils aient conscience de la réalité qu’ils représentent de façon à se soutenir entre eux et à encourager la production et la publication. Un inventaire systématique réalisé sur les publications littéraires (poèmes et nouvelles) dans les colonnes de Daily Observer et The Independent a permis de recenser près de 1500 poèmes et nouvelles. Cela prouve que la production littéraire gambienne existe et qu’elle a besoin de trouver une autre dimension que le journal : il lui faut donc des recueils, des livres, des anthologies qui lui permettent de montrer sa vitalité et de se faire connaître dans le pays et à l’extérieur. La question de l’édition des textes littéraires est une question cruciale qui freine considérablement le développement de la littérature gambienne. Il faudra bien se demander comment résoudre ce problème et surmonter cet obstacle.
Pour ce qui est de l’exposition proprement dite, elle se compose de 19 panneaux. Le premier indique l’objectif de l’exposition, le second rappelle Phyllis Wheatley qui pourrait être la figure symbolique de cette littérature. Les tableaux 4 et 5 situent les pionniers de la littérature gambienne à propos desquels il faudra plus tard faire de nombreuses recherches. Le tableau 6 situe la vraie naissance de la littérature gambienne, l’année de l’indépendance en 1965, avec The Second Round de Lenrie Peters. La naissance collective de cette littérature est liée à Ndanaan de 1971 à 1976 (tableau 7). Ensuite, on présente les écrivains gambiens (tableaux 8 à 16). Le tableau 17 pose le problème des écrivains non publiés. Le tableau 18 donne une vue chronologique de la littérature gambienne et le tableau 19 montre que des étudiants gambiens ont commencé à étudier sérieusement leur littérature.
Une telle exposition n’aurait pu se réaliser sans le concours des écrivains, parfois de leurs familles et de leurs amis. Beaucoup de personnes m’ont également aidé pour la réalisation matérielle. Que tous soient ici remerciés pour leur aide indispensable qui manifeste vraiment ce que signifie une coopération.
Je signale enfin qu’une version en français de cette exposition a été présentée en février à la Maison des écrivains sénégalais (Keur Birago Diop) à Dakar à l’occasion d’un colloque international de littérature. Elle se trouve encore à Dakar à l’Alliance Française et doit être exposée dans plusieurs villes du Sénégal.
Merci à tous et je forme tous mes vœux pour que la littérature gambienne continue à se développer de plus en plus.

1 comment:

Anonymous said...

well i hit at random on this blog and iam from senegal and iam suprise not to see the name of ebou dbba and his his book chaff on the wind cause this is a masterpiece which sets gambia in the 1930s.